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Racialisation et mondialisation

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Lundi 22 octobre 2012

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Séminaire New York University Paris – MSH Paris Nord – Paris 1

« Racialisation et mondialisation »

Organisé par Beth Epstein et Carole Reynaud-Paligot

Ce séminaire a pour objectif l’étude, dans la longue durée et au sein de différents espaces géo-politiques, des processus de racialisation et/ou d’ethnicisation dans différents contextes socio-historiques. Les catastrophes du XXème siècle ont rendu la notion de race impensable, mais elle continue néanmoins à structurer les pensées et la politique dans un monde où les frontières d’antan deviennent pourtant de plus en plus fluides. Comment expliquer la permanence de ces catégories qui ont si fortement façonné le monde moderne, alors que l’intensification des échanges semble rendre les identités moins rigides. ?

Par étude du processus de racialisation, nous entendons l’analyse de la construction et de la diffusion des catégories raciales, processus qui rend ces dernières « réelles », « objectives », actives au sein des relations sociales. En évitant le biais d’une histoire linéaire, ce séminaire entend rendre toute sa complexité à la notion de race et à ses variantes contemporaines (ethnicité, culture, etc.), en s’efforçant de cerner les évolutions terminologiques, la polysémie des termes, la substitution de « culture » à « race », etc. Il s’agira de cerner la plasticité de ces notions ainsi que leurs usages politiques, sociaux, culturels et économiques. Nous essayerons de comprendre comment les acteurs sociaux, dans les contextes institutionnels et socio-historiques spécifiques, perçoivent et vivent la différence, les représentations qu’ils construisent, la réception et la circulation de ces dernières.

En créant un réseau de chercheurs de disciplines différentes (histoire, sociologie, ethnologie, anthropologie, science politique, littérature, histoire de l’art…), nous souhaitons mobiliser des méthodes et des problématiques diverses à travers le temps et l’espace afin d’enrichir notre compréhension de ces phénomènes dans une perspective comparatiste et élargir nos possibilités de conceptualisation.

Le séminaire est ouvert à tout chercheur qui de près ou de loin s’intéresse à ces sujets. Nous souhaitons structurer les communications autour de trois axes principaux :

I) La genèse de la notion de race et la montée du « scientific racism » aux 18e et 19e siècles. L’articulation entre ces concepts et l’affirmation de la modernité : le nationalisme, les découvertes scientifiques, l’urbanisation, l’industrialisation, la démocratisation, etc.

II) Race, colonies, et métropoles : comment la racialisation s’articule avec les processus d’interaction, d’hybridation, de métissage mis au jour dans les récentes études.

III) Race, le post-colonial et le post-moderne : comme fonctionnent aujourd’hui les enjeux de mémoire, la catégorisation, l’essentialisation des identités ou encore l’assignation ou la crispation identitaire dans un monde de plus en plus fluide.

Les séminaires auront lieu les lundis de 17h30 à 19h30 à NYU Paris, 56 rue de Passy, 75016 Paris. Métro : La Muette ou Passy http://nyufresearch.wordpress.com/

Entrez libre. « Quand possible nous mettrons le texte d’intervenant à disponibilité sur ce site en avance du séminaire. »

contact : c.reynaud-paligot@orange.fr

Programme 2012-2013

22/10/2012 Michael Banton, « Comment remplacer les concepts de Race et Ethnie en sociologie ? »

26/11/2012 Lorenza Belinda Fontana, « Biopolitiques identitaires : vers la construction d’une citoyenneté plurinationale en Bolivie »

Discutante : Paula Lopez Caballero

10/12/2012 Jennifer Boittin, « Paroles de race dans les milieux noirs de la métropole de l’entre-deux-guerres. »

14/01/2013 Richard Fogarty, « Race et Guerre, 1914-1918 : visions comparatives des sujets coloniaux dans l’armée française ».

11/02/2013 Françoise Lorerie, « Marseille créole ? hybridités et ségrégation dans la ville ».

18/03/2013 Marilyne Brun, “The cheap Chinaman, the cheap Nigger, and the cheap European pauper to be absolutely excluded” : racialisation et progrès social en Australie (1890-1930).

8/04/2013 Greg Kerr, « Rhétorique raciale dans l’Histoire de l’habitation humaine de Viollet-le-Duc »

27/05/2013 Anne-Emmanuelle Hoareau, « Du renforcement des catégories racialistantes à une mythologie du métissage : le cas de l’île de La Réunion »

10/06/2013 Renaud Hourcade, « Race, mémoire et construction de la différence : le jeu des identités dans les mobilisations mémorielles autour de l’esclavage colonial » Michael Banton taught social anthropology in the University of Edinburgh (1954-65), political science in the Massachusetts Institute of Technology (1962-63) and sociology at the University of Bristol (1965-92). From 1986 to 2001 he was a member of the UN Committee on the Elimination of Racial Discrimination (chairman 1996-98).

Jennifer Anne Boittin is Associate Professor of French, Francophone Studies, and History at The Pennsylvania State University. Her first book, Colonial Metropolis : The Urban Grounds of Anti-Imperialism and Feminism in Interwar Paris was published in 2010 by Nebraska. She has also published a number of articles, including most recently « The Militant Black Men of Marseille and Paris, 1927–1937, » in an edited volume by Keaton, Sharpley-Whiting and Stovall titled Black France/France noire : The History and Politics of Blackness (Duke University Press, 2012).

Marilyne Brun est maître de conférences en études postcoloniales à l’Université de Lorraine. Ses recherches portent sur la théorie raciale et le processus de racialisation, les études australiennes et les littératures diasporiques. Elle a publié des articles sur la littérature australienne, le métissage et la racialisation.

Lorenza Belinda Fontana est docteure en science politique de l’École des Hautes Études Sant’Anna à Pise (Italie). Spécialiste de la Bolivie contemporaine, elle a publié de nombreux articles dans Latin American Perspectives, Studi Culturali, Political Outlook, la revue de l’Observatoire politique de l’Amérique latine et des Caraïbes/CERI/Sciences Po Paris. Elle a également contribué à de récents ouvrages collectifs sur la Bolivie et l’Amérique latine, ainsi qu’à des rapports de recherche internationaux, que ce soit auprès du PNUD sur les conflits sociaux (PNUD/UNIR, 2011) ou de l’Association internationale de science politique (IPSA) sur la qualité de la démocratie en Amérique latine (IDEA/IPSA, 2012).

Richard S. Fogarty enseigne l’histoire à l’Université de l’État de New York à Albany. Docteur en histoire de l’Université de Californie, Santa Barbara en 2002, il est l’auteur de Race and War in France : Colonial Subjects in the French Army, Johns Hopkins University Press, 2008 ; “Race and Sex, Fear and Loathing in France during the Great War,” Historical Reflections/Réflexions Historiques 34, 1 (Spring 2008), 50-72 ; “Race and Empire in French Posters of the Great War,” in Pearl James, ed., Picture This : World War I Posters and Visual Culture (University of Nebraska Press, 2009) ; et plusieurs autres articles sur l’histoire de la colonisation, le racisme, et la Grande Guerre en France. Actuellement, il travaille sur les soldats nord-africains prisonniers de guerre en Allemagne pendant la Grande Guerre.

Renaud Hourcade termine une thèse en science politique à sciences po Rennes, où il enseign » la sociologie et la science politique. La thèse est consacrée à analyser comparativement les politiques de mémoire développées dans les anciens ports négriers de Bordeaux, Nantes et Liverpool. Certains résultats de cette recherche ont été publiés dans des chapitres d’ouvrage (« Commemorating a Guilty Past : the Politics of Memory in the French Former Slave Trade Cities », in A.L. Araujo (eds) Politics of Memory. Making Slavery Visible in the Public Space, Routledge, 2012). En 2012, il a été visiting fellow du programme Memory and Memorialization associant le CNRS et NYU.

Aude-Emmanuelle Hoareau est docteure en philosophie et titulaire d’un Master en ressources humaines. Elle est auteure de récents essais : Concepts pour Penser Créole (Zarkansièl éditions, 2011) et Manifeste pour une Pensée Créole Réunionnaise (Océan Editions, 2011 ) (directrice de publication et auteure), de nouvelles littéraires et d’articles de réflexion philosophique destinés aux institutions et organes de presse -Présidente du Cercle Philosophique Réunionnais depuis 2010. Elle est Professeur d’Esthétique à l’ESA Réunion ( Ecole supérieure des Beaux-Arts) et à l’ILOI ( Institut de l’Image de l’océan Indien), et intervenante en philosophie à L’IRTS ( Institut du travail social de La Réunion).

Greg Kerr est l’auteur d’une étude sur les relations entre poésie et utopie au dix-neuvième siècle en France (Dream Cities : Utopia and Prose by Poets in Nineteenth-Century France (Londres : Legenda, 2012)). Ses recherches actuelles portent sur le fonctionnement de la rhétorique raciale en France au dix-neuvième siècle dans divers domaines (écrits architecturaux, roman, photographie et historiographie). Titulaire d’un doctorat en études françaises de l’Université de Dublin, Trinity College, il est maître de conférences en français à l’University d’Oxford en 2009-2010 et depuis 2010 à l’université Lancaster.

Françoise Lorcerie, CNRS-IREMAM, est spécialiste des politiques et processus d’intégration et des politiques scolaires. Elle a conduit dernièrement trois enquêtes sur divers aspects des rapports sociaux à Marseille.