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Citoyennetés

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Mercredi 10 décembre 2014
Appel à contributions - Revue Clio

Lien : http://clio.revues.org/

La revue Clio. Femmes, Genre, Histoire, lance un appel à contributions pour un numéro intitulé "Citoyennetés"

Les propositions sont à envoyer pour le 10 décembre 2014

Le pluriel du titre choisi pour ce futur dossier de la revue Clio, Femmes, Genre, Histoire invite à réfléchir à la plasticité et à la polysémie du concept de citoyenneté, aux mots traduits par « citoyen.ne.s » ou « citoyenneté » dans différentes langues, à la diversité des pratiques en montrant comment l’histoire des femmes et du genre a contribué à redéfinir le vocabulaire et les contours de ce que nous appelons la citoyenneté et donc notre conception du politique. Il s’agit par conséquent d’interroger nos catégories et pratiques contemporaines et occidentales, en les confrontant à celles d’autres périodes et d’autres sociétés.

En effet, la participation de tous et de toutes aux affaires collectives est désormais un enjeu partagé et une revendication forte pour nombre de peuples en lutte. Dans cette perspective, l’histoire de la citoyenneté se lit comme celle de l’émancipation des individus, d’une autonomie sans cesse réaffirmée dans le cadre idéal des « droits universels ». Or la notion de citoyenneté est d’abord une notion occidentale, construite dans une perspective généalogique qui donne l’illusion d’une continuité voire d’une invariance entre l’Antiquité classique – présentée comme l’origine et le lieu d’une définition authentique de la citoyenneté – et nos sociétés contemporaines.

Initialement, cette citoyenneté s’est débord définie par l’exercice de droits dits politiques. Le cercle des citoyens s’est progressivement élargi, de quelques privilégiés à, idéalement, l’ensemble des adultes résidents stables d’un territoire donné. Cette citoyenneté a été d’abord définie au travers d’expériences qui furent très longtemps réservées à des hommes. Elle s’est ainsi imposée comme un privilège lié à la filiation, à la fortune, à la résidence et au genre.

Nombre de travaux ont contribué à analyser cette réalité, à l’expliquer, sans que les auteurs soient toujours d’accord sur les raisons, les modalités, le tempo de l’exclusion des femmes du politique.

L’historiographie a aussi montré que loin de se limiter au droit de vote et d’éligibilité, la citoyenneté suppose l’acquisition et l’exercice de droits civils, économiques et sociaux. La notion de « citoyenneté sociale » s’est ainsi imposée au terme de débats importants. Le concept de citoyenneté au sens large intègre par conséquent les pratiques sociales et politiques qui ne sont pas seulement du ressort du droit ou de son affirmation mais résultent de rapports sociaux plus complexes où les inégalités de genre croisent les inégalités économiques et culturelles.

En choisissant de considérer les citoyennetés au pluriel nous voulons confronter des définitions et des pratiques différentes de l’accès à la prise de décision collective, des échelles de réflexion variées (celle du village, de la cité, de la commune, de l’Etat, de l’empire, d’une fédération), qui ne lient pas exclusivement la citoyenneté à la configuration de l’État-nation territorialisé.

Plusieurs axes de réflexion sont proposés, qui ne sont pas exclusifs les uns des autres et nous invitons vivement les auteur-e-s à proposer des articles croisant ces différents axes.

Le premier axe de réflexion pourra être celui des mots et de ce qu’ils recouvrent, du lexique et de ses usages (et donc des effets de traduction). Derrière les mots, quels types de privilèges, de statut, de droits ou de devoirs dans différents contextes historiques ? Que traduit-on par citoyen, par citoyenne, par citoyenneté dans différentes sociétés et à différentes époques ? Dans chaque communauté se rencontrent des termes différents : celui de citadinité (cittadinanza dans l’historiographie des communes italiennes de la fin du Moyen Âge) ou de « droit de bourgeoisie » dans l’Europe moderne, ceux de ciudadano/ciudadana dans les sociétés d’Amérique latine, celui de politès (citoyen) dans l’Antiquité grecque, qui ne s’emploie quasiment qu’au masculin quand les termes athênaia/athênaios (athénien/athénienne) s’utilisent au masculin et au féminin. Derrière les mots, quels sont les droits et les pratiques ? Par exemple, toutes les sociétés associent-elles suffrage et citoyenneté ? Quels liens entre citoyenneté et représentation ?

Deuxième axe : Dans la plupart des analyses sur la citoyenneté, hommes et femmes apparaissent comme des groupes homogènes, recevant un jour en bloc la citoyenneté. Or, les différences de fortune, de niveau d’éducation, de couleur de peau, de religion, induisent non seulement des droits parfois différents mais aussi des revendications et des pratiques variées. Il s’agit ainsi de réfléchir aux différents degrés de citoyenneté, aux politiques discriminatoires liées au sexe, au genre mais aussi à d’autres critères, économiques ou culturels.

Troisième axe : La question de la citoyenneté est indissociable dans nos conceptions contemporaines (et surtout française) de celle de la nationalité. L’histoire des étrangers montre que des femmes et des hommes, il n’était en réalité question que de certains et certaines, à savoir les nationaux (susceptibles le plus souvent de porter les armes), les résidents d’origine étrangère étant en fait considérés hors du cercle de la citoyenneté. Les situations impériales permettent pourtant de nuancer cette idée car elles complexifient l’articulation entre citoyenneté, souveraineté et nationalité. Ce dossier souhaite ainsi poser la question des frontières et des territoires de la citoyenneté.

Quatrième axe : Il consiste à interroger les pratiques repérables derrière les différentes formes légales de citoyenneté. Comment s’exerce la citoyenneté ? Les personnes citoyennes ont-elles une réelle capacité d’action politique, sous quelle forme ? En quoi l’engagement citoyen participe-t-il aussi de la définition de la masculinité ? Le genre de la citoyenneté a-t-il alors un sens ?

Ce dossier souhaite par conséquent souligner la valeur heuristique du concept de genre lorsqu’il permet de penser la diversité des réalités que recouvre le concept de citoyenneté dans le monde et à différentes époques. Privilégiant la diversité des expériences de citoyenneté, ce dossier privilégiera les études portant sur d’autres contextes historiques que ceux de la France moderne et contemporaine dans ses frontières métropolitaines.

Les propositions d’articles inédits en anglais, français, espagnol ou italien sont à envoyer pour le 10 décembre 2014 à : barthelemypascale@yahoo.fr ET violaine.sebillotte@univ-paris1.fr

· Elles devront comporter 4000 signes et présenter les sources, la problématique, les thématiques envisagées et la manière dont l’article s’insère dans l’historiographie. · Elles seront accompagnées d’une bibliographie de 5 titres maximum et d’un court CV.

· Une réponse du comité de rédaction sera donnée sur l’acceptation ou le refus de la proposition pour le 15 janvier 2015. · Les articles seront à remettre pour le 15 juin 2015 – ils seront soumis à expertise interne et externe au comité de rédaction. · Les auteur-e-s seront informé-e-s de l’acceptation définitive de leur texte en septembre 2015 · La publication est prévue au printemps 2016 (version Appel à contributions

La revue Clio. Femmes, Genre, Histoire, lance un appel à contributions pour un numéro intitulé

"Citoyennetés"

Le pluriel du titre choisi pour ce futur dossier de la revue Clio, Femmes, Genre, Histoire invite à réfléchir à la plasticité et à la polysémie du concept de citoyenneté, aux mots traduits par « citoyen.ne.s » ou « citoyenneté » dans différentes langues, à la diversité des pratiques en montrant comment l’histoire des femmes et du genre a contribué à redéfinir le vocabulaire et les contours de ce que nous appelons la citoyenneté et donc notre conception du politique. Il s’agit par conséquent d’interroger nos catégories et pratiques contemporaines et occidentales, en les confrontant à celles d’autres périodes et d’autres sociétés.

En effet, la participation de tous et de toutes aux affaires collectives est désormais un enjeu partagé et une revendication forte pour nombre de peuples en lutte. Dans cette perspective, l’histoire de la citoyenneté se lit comme celle de l’émancipation des individus, d’une autonomie sans cesse réaffirmée dans le cadre idéal des « droits universels ». Or la notion de citoyenneté est d’abord une notion occidentale, construite dans une perspective généalogique qui donne l’illusion d’une continuité voire d’une invariance entre l’Antiquité classique – présentée comme l’origine et le lieu d’une définition authentique de la citoyenneté – et nos sociétés contemporaines.

Initialement, cette citoyenneté s’est débord définie par l’exercice de droits dits politiques. Le cercle des citoyens s’est progressivement élargi, de quelques privilégiés à, idéalement, l’ensemble des adultes résidents stables d’un territoire donné. Cette citoyenneté a été d’abord définie au travers d’expériences qui furent très longtemps réservées à des hommes. Elle s’est ainsi imposée comme un privilège lié à la filiation, à la fortune, à la résidence et au genre.

Nombre de travaux ont contribué à analyser cette réalité, à l’expliquer, sans que les auteurs soient toujours d’accord sur les raisons, les modalités, le tempo de l’exclusion des femmes du politique.

L’historiographie a aussi montré que loin de se limiter au droit de vote et d’éligibilité, la citoyenneté suppose l’acquisition et l’exercice de droits civils, économiques et sociaux. La notion de « citoyenneté sociale » s’est ainsi imposée au terme de débats importants. Le concept de citoyenneté au sens large intègre par conséquent les pratiques sociales et politiques qui ne sont pas seulement du ressort du droit ou de son affirmation mais résultent de rapports sociaux plus complexes où les inégalités de genre croisent les inégalités économiques et culturelles.

En choisissant de considérer les citoyennetés au pluriel nous voulons confronter des définitions et des pratiques différentes de l’accès à la prise de décision collective, des échelles de réflexion variées (celle du village, de la cité, de la commune, de l’Etat, de l’empire, d’une fédération), qui ne lient pas exclusivement la citoyenneté à la configuration de l’État-nation territorialisé.

Plusieurs axes de réflexion sont proposés, qui ne sont pas exclusifs les uns des autres et nous invitons vivement les auteur-e-s à proposer des articles croisant ces différents axes.

Le premier axe de réflexion pourra être celui des mots et de ce qu’ils recouvrent, du lexique et de ses usages (et donc des effets de traduction). Derrière les mots, quels types de privilèges, de statut, de droits ou de devoirs dans différents contextes historiques ? Que traduit-on par citoyen, par citoyenne, par citoyenneté dans différentes sociétés et à différentes époques ? Dans chaque communauté se rencontrent des termes différents : celui de citadinité (cittadinanza dans l’historiographie des communes italiennes de la fin du Moyen Âge) ou de « droit de bourgeoisie » dans l’Europe moderne, ceux de ciudadano/ciudadana dans les sociétés d’Amérique latine, celui de politès (citoyen) dans l’Antiquité grecque, qui ne s’emploie quasiment qu’au masculin quand les termes athênaia/athênaios (athénien/athénienne) s’utilisent au masculin et au féminin. Derrière les mots, quels sont les droits et les pratiques ? Par exemple, toutes les sociétés associent-elles suffrage et citoyenneté ? Quels liens entre citoyenneté et représentation ?

Deuxième axe : Dans la plupart des analyses sur la citoyenneté, hommes et femmes apparaissent comme des groupes homogènes, recevant un jour en bloc la citoyenneté. Or, les différences de fortune, de niveau d’éducation, de couleur de peau, de religion, induisent non seulement des droits parfois différents mais aussi des revendications et des pratiques variées. Il s’agit ainsi de réfléchir aux différents degrés de citoyenneté, aux politiques discriminatoires liées au sexe, au genre mais aussi à d’autres critères, économiques ou culturels.

Troisième axe : La question de la citoyenneté est indissociable dans nos conceptions contemporaines (et surtout française) de celle de la nationalité. L’histoire des étrangers montre que des femmes et des hommes, il n’était en réalité question que de certains et certaines, à savoir les nationaux (susceptibles le plus souvent de porter les armes), les résidents d’origine étrangère étant en fait considérés hors du cercle de la citoyenneté. Les situations impériales permettent pourtant de nuancer cette idée car elles complexifient l’articulation entre citoyenneté, souveraineté et nationalité. Ce dossier souhaite ainsi poser la question des frontières et des territoires de la citoyenneté.

Quatrième axe : Il consiste à interroger les pratiques repérables derrière les différentes formes légales de citoyenneté. Comment s’exerce la citoyenneté ? Les personnes citoyennes ont-elles une réelle capacité d’action politique, sous quelle forme ? En quoi l’engagement citoyen participe-t-il aussi de la définition de la masculinité ? Le genre de la citoyenneté a-t-il alors un sens ?

Ce dossier souhaite par conséquent souligner la valeur heuristique du concept de genre lorsqu’il permet de penser la diversité des réalités que recouvre le concept de citoyenneté dans le monde et à différentes époques. Privilégiant la diversité des expériences de citoyenneté, ce dossier privilégiera les études portant sur d’autres contextes historiques que ceux de la France moderne et contemporaine dans ses frontières métropolitaines.

Les propositions d’articles inédits en anglais, français, espagnol ou italien sont à envoyer pour le 10 décembre 2014 à : barthelemypascale@yahoo.fr ET violaine.sebillotte@univ-paris1.fr

· Elles devront comporter 4000 signes et présenter les sources, la problématique, les thématiques envisagées et la manière dont l’article s’insère dans l’historiographie. · Elles seront accompagnées d’une bibliographie de 5 titres maximum et d’un court CV.

· Une réponse du comité de rédaction sera donnée sur l’acceptation ou le refus de la proposition pour le 15 janvier 2015. · Les articles seront à remettre pour le 15 juin 2015 – ils seront soumis à expertise interne et externe au comité de rédaction. · Les auteur-e-s seront informé-e-s de l’acceptation définitive de leur texte en septembre 2015 · La publication est prévue au printemps 2016 (version papier en français suivie d’une version électronique en anglais : voir http://clio.revues.org/ et http://www.cairn-int.info/revue-cli... papier en français suivie d’une version électronique en anglais : voir http://clio.revues.org/ et http://www.cairn-int.info/revue-cli...